Mardi 29 mai, Eric Campos, CEO de la Fondation Grameen Crédit Agricole (FGCA), a présenté la conception du social business défendue par FGCA dans son Livre Blanc « Social Business ou Entrepreneuriat de l’utilité sociale ». Il a répondu aux questions de Jérémy Del Rosario, manager de microlux et des membres InFiNe.lu

Pour ouvrir la discussion, Jérémy Del Rosario a souligné combien la notion d’entrepreneuriat social interpelle microlux, 1ère institution de microfinance luxembourgeoise. Eric Campos a alors rappelé les pays d’intervention de la FGCA dans le secteur du social business en France et dans les Pays en voie de développement, avant de définir le « social business » tel que pensé par la Fondation. Cette définition passe par trois critères essentiels qui doivent être à la source du projet d’entreprise :

  1. « une mission sociale au cœur de son utilité, de ses atouts, de sa gouvernance et de son fonctionnement;
  2. l’élaboration d’objectifs annuels qui déclinent la mission sociale et une mesure rigoureuse des résultats obtenus; une répartition équitable de la valeur créée. »[1]

La rentabilité longue à obtenir de ce type d’entreprise a été observée contrairement à leur utilité sociale qui est rapidement constatée. La majorité des entreprises sociales soutenues par la FGCA génèrent des retombées sociales positives. Eric Campos est ensuite revenu sur les 7 défis à relever pour les entreprises sociales, en ajoutant l’importance de trouver un chef d’entreprise qui soit porteur d’une vision appropriée à ce type de business.

Il a été ensuite observé que le fait de croire qu’il est possible de concilier projets d’entreprise, court terme financier, rendement élevé et impact social durable doit être remis en question. Les investisseurs souhaitant entrer dans ce type de business doivent avoir conscience de cette réalité. En tenant compte de cela, le défi d’attirer les investisseurs pas seulement institutionnels mais aussi privés est grand.

Enfin, durant les discussions, Eric Campos a insisté sur l’importance d’un financement adapté pour ces entreprises qui soit lié à l’évaluation et à la mesure de leur utilité sociale. Il s’agit de valoriser financièrement cette utilité à travers un « compte d’utilité sociale », en d’autres termes, cette valorisation passerait par l’identification et la mesure des impacts environnementaux et sociaux de l’entreprise et de retranscrire ces impacts sous formes d’unités de compte.

[1] Livre Blanc Social Business vers un entrepreneuriat de l’utilité sociale, Fondation Grameen Crédit Agricole, Décembre 2017, p. 11

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