Luxembourg 28 Novembre 2018

En présence de Son Altesse Royale le Grand-Duc de Luxembourg, de Monsieur Romain Schneider, Ministre de la Coopération au Développement et de l’Action humanitaire, SOS Faim Luxembourg organisait une séance académique avec pour thématique « un changement de système alimentaire pour assurer notre avenir » dont l’intervenant principal était Olivier De Schutter, ancien Rapporteur Spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation et actuel membre du Comité des droits écomoniques, sociaux et culturels des Nations Unies.

Lors de son mot d’introduction, Monsieur Romain Schneider a rappelé que l’agriculture est un secteur clé et l’Afrique une région prioritaire pour la coopération luxembourgeoise. Il a souligné le travail important réalisé par SOS Faim Luxembourg non seulement sur le terrain dans les Pays du Sud pour renforcer notamment la résilience des petits paysans, mais également au Luxembourg pour sensibiliser la population à ces questions.

Olivier De Schutter a débuté sa présentation en rappelant le soutien du Luxembourg et du Portugal à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales adoptées récemment lors d’un vote historique.

Aujourd’hui, 800 millions de personnes souffrent encore de la faim. Olivier De Schutter est alors revenu sur les origines du modèle d’agriculture basé sur l’hyperproductivité que nous reproduisons et l’idée préconçue que pour lutter contre la faim il faut produire en masse et augmenter les rendements. Il a également montré la corrélation entre l’augmentation des températures, le phénomène du changement climatique et l’industrialisation de la production agricole qui a affecté, entre autre, la santé des sols, entraîné la perte de biodiversité, a eu des conséquences sociales sur les petites exploitations agricoles, et sur la santé des populations avec la diffusion d’une alimentation ultra-transformée et l’uniformisation des régimes. A ces difficultés, s’ajoute le dumping dont sont victimes les petits paysans du Sud sur les marchés locaux avec l’importation en masse de denrées alimentaires bon marché venues des pays riches.

Olivier De Schutter a alors appelé à la nécessité de faire bouger le système et de réfléchir à la lutte contre la faim en termes de droit à l’alimentation. Des alternatives existent et sont mises en place, telles que l’agroécologie encourageant la diversité des cultures et respectant la complexité de la nature, l’appui au droit à la souveraineté alimentaire, les innovations sociales promouvant l’utilisation de circuit court, et le développement d’une politique alimentaire urbaine comme l’a montré le « Milan Urban Food Policy Pact » ou encore la mise en place de conseils politiques alimentaires démocratisant la prise de décision sur les questions alimentaires au sein des villes.

Olivier De Schutter a alors conclu son intervention en soulignant que des solutions pour la lutte contre la faim existent et que celles-ci résident dans l’intelligence et les innovations sociales.

Copyright: InFiNe.lu